À Annecy, un panneau d’autostop étonnant fait polémique : « On nous prend vraiment pour des imbéciles »
À Annecy, un panneau d’autostop fait débat. Installé récemment, il remplace le bus de nuit et choque nombre d’habitants et élus. Certains le voient comme une provocation, d’autres, un coup de pouce à la mobilité douce.
Un panneau écologique ou une reculade en matière de transports ?
Ce fameux « point autostop » a été posé par la mairie écologiste d’Annecy. L’idée ? Simplifier la rencontre entre automobilistes et autostoppeurs. Qui n’a jamais essayé de lever le pouce en espérant un geste du volant ?
Le panneau n’est pas seul. Il propose aussi un mode d’emploi, histoire d’éduquer à l’art du stop. Choisis ta destination, tiens ton panneau, et roule ma poule, c’est grosso modo ça.
Mais cette simplicité apparente dérange. Elle remplace un service public ancien, le bus de nuit. On nous dit comment faire du stop, comme si on venait de naître. Résultat ? Une vraie polémique.
Les critiques fusent et ne ménagent pas la municipalité
Antoine Armand, député et ex-ministre, ne mâche pas ses mots. Pour lui, ce panneau symbolise un abandon. « On supprime un service public essentiel et on remplace ça par un bout de plastique ? », s’insurge-t-il.
Sur le plateau des Grandes Gueules, Flora Ghebali, entrepreneure en écologie, partage l’inquiétude. Se passer de bus la nuit ? C’est renoncer à la mobilité pour ceux qui n’ont pas d’autre choix.
Charles Consigny, avocat plein d’humour noir, dénonce l’absurde. « Ils feraient mieux de mettre des panneaux pour la marche, avec les mêmes avantages », ironise-t-il. Bref, c’est loin d’être pris au sérieux.
L’autostop, une pratique jugée trop risquée par certains
Le docteur Jérôme Marty rappelle que la société a changé. Faire du stop en 2025, ce n’est plus comme à ses 18 ans. Les inquiétudes sur la sécurité sont réelles, même si on sous-estime souvent les bénéfices.
L’« institutionnalisation du risque » grâce au QR code du panneau ne convainc pas les sceptiques. Pour eux, se fier à la bienveillance d’automobilistes anonymes reste un saut dans l’inconnu.
Olivier Truchot va encore plus loin. « On prend les gens pour des imbéciles », dit-il. Le panneau qui explique comment faire du stop ? Ridicule. Comme si on avait besoin d’un mode d’emploi pour lever le pouce…
Une initiative qui divise mais qui s’inspire d’autres expériences
Ce n’est pas une invention locale à 100%. La Loire-Atlantique expérimente ce genre de panneaux depuis 2018. Leur but est de sécuriser la prise en charge des autostoppeurs sur des axes très fréquentés.
Mais ici, ça coince. Le contexte est différent. Supprimer un bus de nuit pour un panneau, ce n’est pas loin d’être un recul dans l’offre de transport. Une vraie remise en question des priorités municipales.
Pourtant, le panneau met de l’avant des arguments écologiques et pratiques: pas de pollution, pas de contraintes, pas de paiement et zéro inscription. Ce sont les avantages clamés pour séduire une population plus consciente des enjeux climatiques.
Source: rmc.bfmtv.com











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