Ce jeudi 18 juin, Antoine Armand a surpris en annonçant la fusion des équipes de son cabinet, mêlant celles de la mairie d’Annecy avec celles du Grand Annecy. Cette mutualisation vise à optimiser les dépenses. Mais le geste ne passe pas inaperçu, surtout chez les élus d’opposition, qui s’inquiètent pour l’autonomie des institutions.
Fusionner, pour économiser, ça semble logique. Pourtant, certains élus y voient plutôt un risque d’« effacement des frontières » entre deux collectivités aux compétences distinctes. La politique, même locale, peut vite se transformer en un terrain miné où chaque décision est scrutée à la loupe.
Antoine Armand : mutualiser les cabinets, une pratique bien installée dans le paysage local
Antoine Armand défend son projet en expliquant que ce dispositif n’a rien de révolutionnaire. « Ce modèle mutualisé existe dans de nombreuses communes et intercommunalités », clame-t-il, soulignant le potentiel d’économies de fonctionnement. Le brassage des équipes doit permettre de réduire la charge financière pesant sur les contribuables.
Plus concrètement, cinq collaborateurs du cabinet de la mairie – incluant direction, communication et conseillers spéciaux – travailleront désormais pour les deux entités. C’est un gain d’efficacité, argumente-t-il, et surtout une manière de simplifier les rouages. Tout le monde y gagne, non ?
Opposition : l’autonomie du Grand Annecy en danger?
Pas si sûr, répondent les élus d’opposition. Guillaume Roit-Levêque ne mâche pas ses mots. Ce dernier craint que cette fusion ne brouille les lignes entre Annecy et le Grand Annecy. Deux entités distinctes, avec des élus et des responsabilités bien différentes, doivent-elles vraiment tout mélanger ?
Il évoque la possible fragilisation de l’autonomie du Grand Annecy. À vouloir trop mutualiser, on finit par diluer les spécificités locales. Et ça, ça ne passe pas, surtout quand on respecte l’importance de circuits courts et d’actions adaptées aux territoires.
La question du budget : 500 000 euros pour un cabinet trop riche ?
Sarah Klilib soulève aussi une autre polémique : celle du montant alloué au cabinet. 500 000 euros pour les salaires de cette équipe semble, selon elle, exorbitant. Elle regrette que les augmentations ne profitent pas aux directeurs et sous-directeurs, souvent en première ligne sur le terrain.
Plutôt que de gonfler les effectifs de ces « hauts fonctionnaires », elle plaide pour que cet argent aille directement aux agents qui font tourner la structure. Le message est clair : sobriété dans la dépense publique et priorité aux individus qui assurent le service au quotidien.
Armand répond aux critiques : simplification, pas centralisation
Antoine Armand ne se laisse pas démonter. Il qualifie les critiques « d’attaques à peine masquées ». Selon lui, cette réorganisation vise la simplification, pas une quelconque prise de pouvoir ou un écrasement des collectivités plus petites.
Il rappelle que les collaborateurs du cabinet sont liés à ses mandats, donc rien n’est figé ni irréversible. Bref, la mutualisation pourrait être revue si besoin. L’ancien ministre insiste aussi sur une précision budgétaire : dans les 500 000 euros, il y a les cotisations patronales et salariales. Ce n’est pas le montant net des salaires.
Historique : un cabinet déjà limité la mandature passée
Pour remettre les choses en perspective, le cabinet du maire précédent d’Annecy, François Astorg, comptait quatre membres, tandis que celui de Frédérique Lardet à la tête du Grand Annecy avait deux collaborateurs. Au total, six personnes y travaillaient.
En comparaison, la mutualisation actuelle revient à à peine plus, mais concentrant leur action. Le travail est réorganisé, pas considérablement augmenté. Cela pourrait donc être un juste milieu, mais le débat sur le fond ne semble pas terminé.
Source: www.ledauphine.com
Le fil local continue avec les derniers sujets publiés autour d'Annecy, du lac et de la Haute-Savoie.
Voir la rubrique Annecy




