Annecy · Le journal local
Antoine Mesnage – Highliner, photographe et vidéaste des Passagers du Vide à Annecy : ‘S’aventurer là où personne n’ose aller…

Antoine Mesnage défie le vide à Annecy. Highliner émérite, photographe et vidéaste, il capture l’essence même du geste suspendu entre ciel et terre. Son univers est celui d’un équilibre fragile et d’une poésie brute.
Antoine Mesnage, un highliner pas comme les autres à Annecy
Marcher sur une sangle à 500 mètres de hauteur, ça laisse peu de place à l’erreur. Antoine Mesnage fait partie des rares à oser ce défi extrême. Ce trentenaire natif d’Annecy ne se contente pas de marcher, il sublime la highline.
Pour lui, ce sport est plus qu’une simple prouesse physique. C’est un art où chaque pas se veut un geste poétique, ancré dans l’alpinisme et l’amour des montagnes. Pas question ici de trapèze ou de cirque, la highline est un lien fragile entre nature et homme.
Son collectif, Les Passagers du Vide, prouve tous les jours que cet équilibre se construit en équipe. Ce n’est pas un exploit solo ni un coup de tête. C’est un travail patient qui demande temps, préparation et respect du milieu.
L’esthétique et la caméra au service de l’exploit
Antoine ne s’arrête pas là. Il est aussi photographe et vidéaste. Son objectif, c’est de montrer que le highliner n’est qu’un élément de la scène naturelle. Un point minuscule perdu dans la grandeur des sommets.
Le geste de marcher sur cette ligne suspendue, lui, est suspendu entre défi et émerveillement. Sa caméra capture cette fragilité, ce souffle court et ce regard qui ne fixe pas un point mais regarde vers l’inconnu.
Respirer juste, gérer la peur et garder la tête froide, voilà son secret. Le stress arrive forcément quand on s’approche de la fin d’une longue ligne tendue en altitude. Respirer par le nez au début, puis par la bouche pour détendre le corps, ça paraît simple, mais c’est vital.
Marcher sur un fil, c’est se trouver soi-même
À 500 mètres au-dessus du sol, Antoine trouve un équilibre particulier. Ce sport extrême est une école d’humilité, mais aussi d’auto-découverte. Comme il le dit lui-même, trouver son équilibre, c’est un peu le travail de toute une vie.
Ils choquent souvent ceux qui n’ont jamais tenté l’aventure. “Ils sont fous”, entend-on. Antoine, lui, voit autre chose. Pour lui, la highline l’a aidé à se construire. S’élancer sans filet, c’est parfois se dire : “Au pire tu tombes, au pire tu meurs”. Pas facile à entendre, c’est sûr. Mais c’est la réalité vécue.
Un équilibre fragile mais collectif
Faire une ligne demande une énorme préparation. Antoine et son équipe investissent des semaines, parfois des mois, dans ces projets. Obtenir les autorisations, traverser la montagne, installer les sangles, sécuriser le site, bivouaquer des jours en extérieur et guetter la bonne météo.
La patience est le maître mot. Sans elle, pas de ligne tendue, pas de prouesse possible. Ce n’est plus le monde de l’immédiateté, mais celui de l’écoute et de la persévérance. Une vraie leçon dans notre époque pressée !
Cet été encore, pour immortaliser l’éclipse solaire depuis une highline, ils ont attendu, patienté, monté leur campement. Puis l’instant magique est venu : un moment suspendu, fragile, unique.
Pas étonnant qu’Antoine choisisse Annecy comme base. Les montagnes environnantes offrent un terrain de jeu idéal pour conjuguer passion, nature et prouesses techniques.
Source: www.radiofrance.fr


