Annecy · Le journal local

Où marcher le long du Thiou quand les quais du lac sont déjà pris ?

Promenade ombragée au bord du Thiou à Annecy

Quand les quais du lac commencent à ressembler à une file d’attente, je ne cherche pas un autre point de vue. Je coupe vers le Thiou. En quelques rues, le rythme change : le bruit du Pâquier reste derrière, l’eau file entre les murs et l’on marche sans devoir négocier chaque mètre de trottoir avec une poussette, un vélo ou un groupe arrêté pour une photo.

Ce n’est pas une échappée sauvage. Le Thiou traverse la ville, avec ses ponts, ses façades et ses passages très fréquentés par moments. Mais c’est précisément ce qui m’intéresse quand le lac est déjà pris : une promenade courte, lisible et faisable sans transformer l’après-midi en expédition.

Je pars pour une vraie boucle, pas pour chercher un quai vide

Le parcours patrimonial officiel consacré au Thiou donne un cadre utile : 1,6 km, 12 mètres de dénivelé positif, environ 1 h 30 et huit étapes. Il relie les Marquisats à l’église Saint-Étienne du Pont-Neuf, à la limite de Cran-Gevrier. L’Office de tourisme le classe très facile et le présente comme praticable toute l’année.

Cette donnée évite une erreur fréquente : croire que la balade consiste seulement à longer un morceau de canal dans la vieille ville. Le Thiou est le déversoir naturel du lac d’Annecy vers le Fier. L’Office de tourisme rappelle qu’il mesure 3,5 km et qu’il traverse le centre ancien. Pour une sortie courte, je m’en tiens au parcours patrimonial. Il offre assez de matière sans vous envoyer trop loin si vous avez un train à prendre, un enfant qui fatigue ou une météo incertaine.

La fiche officielle du parcours reste le bon point de départ pour vérifier le tracé et les conditions du jour. Elle détaille les huit thèmes, dont les vannes, les moulins et l’ancienne chocolaterie. Ce sont des repères plus intéressants qu’un simple aller-retour au bord de l’eau.

Le bon départ dépend surtout du temps que vous avez

Avec quarante-cinq minutes devant moi, je commence près du centre ancien et je garde le Thiou comme une parenthèse entre deux rendez-vous. Les ponts et les passages étroits suffisent à sortir du flux du lac, puis je reviens vers la vieille ville. Dans ce format, mieux vaut accepter de ne pas cocher les huit étapes.

Avec une heure et demie, je suis le parcours dans son ensemble. Il ne faut pas partir avec l’idée d’une balade sportive : le dénivelé est faible, mais les arrêts prennent du temps si l’on lit les panneaux ou si l’on s’intéresse aux traces industrielles de la rivière. La promenade fonctionne bien quand le ciel est couvert, parce qu’elle ne dépend pas d’une grande vue sur les montagnes.

Si vous arrivez par la gare, le Thiou peut aussi servir de transition avant le centre. Dans l’autre sens, je le place volontiers après une boucle dans la vieille ville, surtout quand les canaux du cœur d’Annecy deviennent difficiles à parcourir tranquillement. Notre boucle courte dans la vieille ville aide à choisir cet autre format de marche.

Ne prolongez pas vers Cran sans regarder le terrain

Le Thiou a une seconde promenade, dite industrielle, qui part de la Mandallaz et va vers les Passerelles à Cran. Elle compte 5,6 km, sept étapes et environ 1 h 30 selon l’Office de tourisme. Elle peut tenter ceux qui veulent allonger la sortie, mais elle ne remplace pas automatiquement le parcours du centre.

La fiche officielle précise que cette portion n’est pas accessible en fauteuil roulant sur toute sa longueur. Le passage sous la rocade et le croisement avec la voie ferrée sont accidentés et en pente. C’est le genre d’information qui doit décider du programme avant de quitter le centre, surtout avec une poussette, une valise ou une personne qui marche difficilement.

Je réserve donc cette extension à une vraie envie de marcher, avec de bonnes chaussures et du temps. Pour une pause urbaine, le premier parcours suffit largement. Vous pouvez vérifier le détail de cette suite industrielle du Thiou avant de la choisir.

Mon plan quand le lac est saturé

Je garde le bord du lac pour le matin ou la fin de journée, quand on peut encore y marcher sans slalomer. Au milieu de l’après-midi, le Thiou offre une alternative plus simple : une heure de marche, de l’ombre par endroits et une lecture différente d’Annecy, moins carte postale, plus urbaine.

Je prends de l’eau, je regarde la météo, puis je choisis soit la boucle patrimoniale, soit un court aller-retour depuis le centre. Si vous cherchez une baignade ou un parc pour vous installer longtemps, ce n’est pas le bon détour. Si vous voulez continuer à marcher sans subir les quais pleins, c’est probablement le meilleur repli à portée de ville.

L’autrice

Julie Glawi

Julie Glawi suit Annecy au quotidien pour Web Annecy : vie locale, culture, sorties, mobilités, lac, sport et petits sujets pratiques qui changent une journée dans le bassin annécien. Sa ligne : vérifier les infos, garder le terrain en tête et écrire pour les habitants avant d’écrire pour les robots.

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