La première fois que je suis montée au col de la Forclaz pour “juste regarder la vue”, j’ai fait l’erreur classique : partir trop tard, me dire que le parking se débrouillerait tout seul, et arriver déjà tendue. Le lac était magnifique, oui. Mais entre les voitures qui cherchent une place, les parapentes qui attirent tout le monde au même endroit et la route qui ne pardonne pas l’hésitation, j’ai retenu une chose simple : la Forclaz se savoure mieux quand on la prépare un minimum.
Ce n’est pas une sortie compliquée depuis Annecy. C’est même l’un des points de vue les plus évidents quand on veut prendre de la hauteur sans partir pour une randonnée longue. Mais c’est précisément pour ça que le col peut devenir pénible : tout le monde a la même idée, souvent au même moment. Avant d’y monter, je vérifie toujours trois choses : la météo, l’heure d’arrivée et ce que je veux vraiment faire une fois en haut.
Monter pour la vue, pas pour tourner sur le parking
Le col de la Forclaz se mérite un peu, même en voiture. La route grimpe, serpente et donne déjà de belles ouvertures sur le lac d’Annecy. C’est tentant de monter en fin d’après-midi, quand la lumière devient plus douce. C’est aussi le moment où l’on peut se retrouver à suivre une file de voitures qui cherchent toutes la même place.
Mon conseil est assez simple : si vous venez uniquement pour le panorama, visez plutôt le matin ou le tout début d’après-midi en période chargée. Vous aurez moins cette sensation de débarquer dans un entonnoir. Le site de l’Office de tourisme du lac d’Annecy présente bien le caractère du lieu : route de montagne, vue très ouverte, ambiance de petite station au-dessus du lac. C’est beau, mais ce n’est pas un belvédère posé au bord d’un grand parking de plaine.
Si vous montez avec des enfants, des personnes peu à l’aise en voiture ou quelqu’un qui supporte mal les virages, prévoyez aussi la descente. On pense souvent à l’arrivée, moins au retour. Et franchement, une sortie réussie à la Forclaz, c’est aussi une descente faite calmement, pas un départ pressé parce que tout le monde en a marre.
Le piège météo : voir le lac ne veut pas dire avoir une bonne sortie
La Forclaz donne cette impression trompeuse : depuis Annecy, on voit les montagnes, donc on imagine que la météo sera lisible à l’œil nu. En réalité, le vent, les nuages bas et les orages d’été changent vite l’ambiance. Pour une simple pause vue, ce n’est pas dramatique. Pour une sortie avec parapente, vélo, balade ou pique-nique, ça compte vraiment.
Avant de partir, je regarde la météo locale et je garde un plan B côté lac. S’il fait lourd, si le ciel devient gris sur les Bauges ou si le vent se lève franchement, je préfère écourter. Ce n’est pas de la prudence théorique : là-haut, on est plus exposé qu’au bord de l’eau. La belle photo ne vaut pas une attente inconfortable sous un ciel qui tourne.
Les cyclistes doivent être encore plus lucides. L’itinéraire officiel Boucle cyclo : Belvédère de la Forclaz est classé très difficile par l’Office de tourisme, avec une montée qui se durcit près du sommet. Dit autrement : ce n’est pas la petite variante tranquille du tour du lac d’Annecy à vélo. Si vous n’avez pas les jambes, un vélo adapté ou une vraie habitude des cols, ce n’est pas le bon endroit pour improviser.
Parapentes, restaurant, balade : choisissez votre sortie avant de monter
Le col de la Forclaz attire parce qu’il condense plusieurs envies au même endroit : regarder les parapentes décoller, boire quelque chose, marcher un peu, montrer le lac à des amis de passage. Le problème, c’est de vouloir tout faire sans avoir choisi. On arrive, on hésite, on regarde l’heure, puis on finit par rester moins bien qu’on aurait pu.
Si votre objectif est le spectacle des parapentes, prévoyez du temps sur place et acceptez que les décollages dépendent des conditions. Si vous voulez seulement une pause panorama, une demi-heure peut suffire, à condition de ne pas venir au pire moment de circulation. Si vous pensez déjeuner ou prendre un verre, vérifiez les horaires directement avant de partir. Les habitudes de saison changent, et le “on verra bien” est rarement une bonne stratégie quand tout le monde vise le même col.
Pour une version plus sportive, l’Office de tourisme propose aussi un itinéraire VAE autour du lac via Vesonne, Montmin et le col de la Forclaz. La fiche annonce une sortie de 51 km avec 876 m de dénivelé positif. Même avec assistance électrique, ce n’est pas une promenade digestive. C’est une vraie sortie de journée, à garder pour les personnes qui ont envie de pédaler, pas seulement de cocher un point de vue.
Ma règle simple : un seul objectif, un horaire clair, un plan de repli
Quand quelqu’un me demande si le col de la Forclaz vaut le coup depuis Annecy, ma réponse est oui, sans hésiter. Mais pas n’importe comment. Je choisis un objectif principal : vue, parapentes, balade, vélo ou pause à table. Ensuite seulement, je regarde l’horaire et la météo. Ce petit ordre change tout.
Pour une première visite, je ferais simple : montée en matinée, arrêt panorama, éventuellement un verre si tout est ouvert, puis redescente avant que la route ne se charge trop. Si la météo est moyenne, je bascule vers une sortie plus basse autour de Talloires, Duingt ou Saint-Jorioz. Le lac reste agréable même quand le col perd son intérêt.
La Forclaz n’a pas besoin qu’on la vende comme une aventure extraordinaire. Elle a déjà la vue pour elle. Le vrai sujet, c’est de ne pas gâcher ce moment par une montée trop tardive, un parking saturé, une météo bancale ou une ambition floue. Avec un peu de méthode, ça reste l’une des plus belles sorties rapides autour d’Annecy.
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