Annecy · Le journal local
Festival d’Annecy 2026 : «Lucy Lost» d’Olivier Clert, un film qui émeut profondément le public

Peu de films réussissent à toucher le public en plein cœur à Annecy, mais «Lucy Lost» d’Olivier Clert fait partie de ceux-là. Ce long métrage d’animation s’est imposé comme une belle claque émotionnelle. Il n’est pas juste beau, il raconte une histoire qui interpelle vraiment.
«Lucy Lost» au Festival d’Annecy : un projet porté par un réalisateur passionné
Après des années à dessiner les contours des films d’animation comme storyboarder, Olivier Clert saute le pas de la réalisation avec «Lucy Lost». Ce film marque une étape clé dans sa carrière. La maîtrise qu’il démontre est un vrai slam d’authenticité dans un monde souvent surchargé de effets.
«Lucy Lost» n’est pas qu’une fresque visuelle. Il s’inscrit dans la tradition des récits qui mettent en lumière les singularités cachées. Clert a écrit et accompagné ce film du début jusqu’à la fin, une aventure créative qui se ressent à chaque plan.
Un hymne à l’enfance et à la différence qui secoue les spectateurs
Au cœur du film, Lucy vit isolée sur une petite île. Ses dons hors du commun font peur, provoquent la méfiance et même le rejet. C’est une thématique brûlante, surtout quand on voit notre époque s’obstiner à exclure tout ce qui déroge aux normes. Mais au lieu de sombrer dans la plainte, «Lucy Lost» invite à comprendre et à espérer.
La rencontre entre Lucy et Milly, une petite fille invisible aux autres, fait naître une aventure pleine de mystères. Ce duo improbable résonne comme un appel à la solidarité et à la résilience. On est quasiment obligé de sortir chamboulé de la salle.
Pourquoi «Lucy Lost» touche-t-il autant ?
Le film frappe fort grâce à sa narration simple mais puissante. Il évite le bla-bla inutile. Chaque scène est pensée pour faire passer un message clair : accepter la différence, c’est renforcer notre société. Pas la peine de faire compliqué, parfois la vérité simple est la meilleure.
Visuellement, le film est soigné sans vouloir en faire trop. L’univers de l’île, dépouillé mais vivant, sert parfaitement l’histoire. On sent l’influence d’un réalisateur qui a passé des années à concevoir chaque image en amont. Le rendu est à la fois humble et fort. On applaudit l’équilibre.
Une œuvre engagée sans perdre en poésie
Il serait tentant de ranger «Lucy Lost» dans une case animée pour enfants. Erreur. Ce film parle aussi aux adultes, notamment ceux qui refusent le consumérisme effréné et cherchent du sens. L’émotion mise à nu, sans artifice, rappelle que la fragilité est source de force.
On a là un rappel fort : la vraie richesse se trouve dans la diversité, pas dans l’uniformité des idées ou des modes de vie. «Lucy Lost» glisse ces messages avec douceur, mais sans compromis. Le réalisateur fait mouche et ça fait du bien de voir ce genre d’engagement au festival.
Source: www.rfi.fr


