Au Petit Port comme aux Marquisats, la scène peut vite devenir absurde en plein été : une voiture qui bloque, un bateau qui attend, quelqu’un qui cherche encore où poser ses affaires, et derrière, la file qui s’allonge. La Ville d’Annecy vient de trancher plus clairement. Les mises à l’eau publiques ne doivent plus servir de base arrière à des locations commerciales, et le passage sur les rampes est désormais chronométré.
Dans une actualité publiée le 21 juillet, la Ville annonce un arrêté destiné à répondre à l’arrivée d’UberBoat et à la pression de nouveaux usages commerciaux, notamment autour de plateformes de location comme Click&Boat. Le mot employé par la mairie est assez parlant : éviter “l’uberisation” du lac.
Ce que change l’arrêté au Petit Port et aux Marquisats
La règle la plus concrète tient en une ligne : sur les mises à l’eau du Petit Port et des Marquisats, le stationnement des embarcations et des véhicules est limité à 15 minutes. La Ville précise que ce délai correspond au temps strictement nécessaire pour mettre le bateau à l’eau.
L’arrêté interdit aussi l’utilisation des mises à l’eau publiques pour une activité commerciale. Autrement dit, ces espaces ne sont pas censés devenir des points de rotation pour louer, remettre les clés, charger des passagers ou organiser une logistique de flotte privée. Aux Marquisats, le ponton est réservé à la desserte des bateaux. Il ne doit pas servir à laisser une embarcation amarrée sans opération immédiate.
Sur le papier, ça vise d’abord les professionnels ou les usages organisés. Mais le lecteur qui loue un bateau entre particuliers doit aussi le retenir : avant de réserver, mieux vaut demander où se fait réellement la prise en main, si le point de départ est autorisé, et combien de marge il faut prévoir pour ne pas se retrouver au milieu d’un accès public déjà saturé.
Pourquoi la mairie durcit le ton maintenant
La Ville justifie ce tour de vis par une idée simple : le lac est un bien commun. Ce n’est pas seulement une formule politique. L’été, les mêmes mètres carrés doivent absorber les baigneurs, les bateaux, les paddles, les promeneurs, les secours éventuels, les riverains et les touristes qui ne connaissent pas toujours les lieux.
Quand une rampe publique sert à enchaîner les départs commerciaux, ce n’est pas neutre. On crée du stationnement sauvage, de l’attente, du stress au bord de l’eau, et parfois une vraie confusion entre un accès public et un point d’exploitation. La mairie dit vouloir protéger l’intérêt général, la sécurité des usagers et la préservation du site.
Ce n’est pas la première fois que la Ville resserre les usages sur les rives. Elle rappelle déjà, dans un autre arrêté appliqué sur les rives du lac, que certains comportements font l’objet de contrôles, notamment sur les chiens, les espaces verts et les zones sensibles. Le nouveau texte s’inscrit dans la même logique : moins d’improvisation sur les lieux les plus tendus.
Ce que je vérifierais avant une sortie bateau cet été
Si vous avez prévu une sortie sur le lac, le sujet n’est pas de paniquer. Le sujet, c’est de ne pas arriver avec un plan flou. Pour une location, je vérifierais d’abord le lieu exact de départ, puis les conditions de mise à l’eau, et enfin le retour. Le moment qui coince le plus, ce n’est pas toujours l’aller. C’est souvent la fin de journée, quand tout le monde veut rentrer, ranger, payer le parking et filer avant l’orage ou les bouchons.
La règle des 15 minutes rend aussi plus risqué le petit quart d’heure “on verra sur place”. Si le loueur vous donne rendez-vous près d’une rampe publique sans explication claire, posez la question avant de confirmer. Si vous venez avec votre propre embarcation, préparez le chargement avant d’entrer dans la zone, pas une fois la voiture immobilisée devant l’eau.
Pour une sortie plus simple, les options sans moteur restent souvent plus lisibles, à condition de tenir compte du vent. On l’a déjà vu avec le pédalo à Annecy : le prix ne dit pas tout, le retour compte presque autant que le départ. Même logique pour une sortie en bateau sans permis : facile ne veut pas dire improvisée.
À retenir
Le nouveau cadre est clair : 15 minutes maximum pour mettre à l’eau au Petit Port et aux Marquisats, pas d’activité commerciale sur les mises à l’eau publiques, et pas d’amarrage passif au ponton des Marquisats. Pour les habitants comme pour les visiteurs, le bon réflexe est simple : vérifier le point de départ avant de réserver, éviter les horaires de tension, et ne pas traiter les accès publics comme un parking nautique.
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