Quand les quais commencent à chauffer et que le bruit remonte de la rive, je ne cherche pas un énième point de vue sur le lac. Je prends plutôt la direction du Roc de Chère. Le sentier me remet vite à ma place : racines, cailloux calcaires, passages ombragés et une pente qui mérite de quitter les sandales.
Cette réserve entre Menthon-Saint-Bernard et Talloires-Montmin convient à une marche courte en forêt, pas à une balade improvisée pour cocher une photo. Elle est protégée, et les règles changent réellement la sortie.
Je choisis le Roc de Chère pour la forêt, pas pour faire le tour du lac
La réserve naturelle couvre 68 hectares sur un massif boisé compris entre 447 et 601 mètres d’altitude. Le Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie explique que la géologie, le sol et l’exposition y font cohabiter des milieux très différents sur une petite surface.
Sur le terrain, cela donne une sortie qui passe vite de la fraîcheur des sous-bois à des zones plus sèches et rocheuses. Le lac apparaît par endroits entre les arbres, mais il ne faut pas partir en imaginant une promenade de bord d’eau. Pour une pause au bord du lac ou une baignade, le choix reste différent, comme la plage de Menthon-Saint-Bernard.
Je le garde pour les jours où l’on veut marcher sans traverser le centre d’Annecy ni chercher un stationnement au plus près des quais. L’adresse indiquée par l’Office de tourisme est Echarvines, à Talloires-Montmin. Il signale aussi un parking à proximité. Cela ne vaut pas une place garantie en été : mieux vaut arriver avec une alternative et éviter de serrer la voiture dans les accès résidentiels.
Le bon départ dépend surtout du terrain et de la chaleur
Le Roc de Chère reste une forêt, mais l’ombre n’est pas un passe-droit pour partir sans eau. Les portions calcaires deviennent glissantes après la pluie, tandis qu’une journée chaude rend les passages ouverts plus secs que ce que laisse imaginer la végétation.
- Je prends des chaussures avec une semelle qui accroche, pas des tongs ni des sandales de plage.
- Je garde de l’eau et je fixe une heure de retour avant de descendre sur les sentiers secondaires.
- Après un épisode pluvieux, je réduis l’ambition : une marche courte sur itinéraire balisé vaut mieux qu’une boucle forcée sur terrain humide.
- Entre avril et juin, je regarde les consignes de nidification avant de choisir ce secteur.
L’Office de tourisme du lac d’Annecy rappelle que la réserve est ouverte toute l’année. Ouverte ne veut pas dire confortable par n’importe quelle météo : le vent, l’orage ou un sol détrempé doivent faire revoir le programme. Pour une sortie plus longue au-dessus du lac, je préfère préparer la même marge de retour que pour le mont Veyrier.
Dans une réserve, le détour ne fonctionne que si l’on respecte les règles
Le Roc de Chère n’est pas un parc où l’on s’écarte du chemin pour trouver un coin tranquille. Camping, bivouac, feu, déchets, véhicules motorisés et cueillette sont interdits. Le CEN demande aussi de rester sur les sentiers. Ces règles protègent notamment des habitats forestiers, des amphibiens, des reptiles et des plantes qui dépendent de cette mosaïque de sols et d’expositions.
Les chiens sont admis avec une contrainte de laisse. Le CEN précise cette obligation du 15 avril au 30 juin, pendant une période sensible pour la faune. L’Office de tourisme indique la laisse obligatoire sur sa fiche pratique. Je ne joue donc pas à interpréter la limite la moins contraignante : laisse courte, pas de baignade improvisée ni de sortie des chemins.
Le silence fait aussi partie du lieu. Pas de musique portable, pas de raccourci à travers les pentes et rien à laisser derrière soi. C’est moins spectaculaire sur le papier qu’une liste de belvédères, mais c’est exactement ce qui permet au site de rester praticable.
Mon arbitrage avant de partir
Je vais au Roc de Chère si j’ai envie de forêt, de fraîcheur relative et d’une marche attentive. Je choisis une rive aménagée si le programme demande baignade, poussette, pique-nique installé ou accès simple. Le mauvais scénario, c’est d’arriver équipé pour la plage et de découvrir sur place un terrain de réserve qui réclame des chaussures et un peu de temps.
La sortie reste gratuite, selon l’Office de tourisme. Vérifiez tout de même l’état du sentier et les éventuelles consignes locales le jour du départ. À Talloires comme ailleurs autour du lac, le meilleur plan est celui qui laisse une porte de sortie plutôt que celui qui promet une place au plus près de l’eau.
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