Le tour du lac d’Annecy à vélo a l’air simple sur une carte. Une boucle, de l’eau turquoise, des montagnes, quelques villages et l’impression qu’il suffit de suivre la rive. Sur le terrain, c’est un peu plus nuancé. Il y a les portions où l’on roule sans réfléchir, celles où il faut partager l’espace, et celles où l’horaire compte presque autant que les jambes.
Si tu connais Annecy, tu sais déjà que la bonne question n’est pas seulement “combien de kilomètres ?”. La vraie question, c’est plutôt : à quel moment partir, par quelle rive commencer, et où accepter de ralentir avant que la sortie tranquille ne devienne une file indienne derrière trois vélos électriques et une poussette.

La rive ouest reste la partie la plus facile pour rouler sans stress
Pour une première sortie, la rive ouest est le choix le plus évident. La voie verte suit l’ancienne emprise ferroviaire et file depuis le secteur de Sevrier vers le sud du lac, avec une sensation assez rare à Annecy : on peut avancer longtemps sans avoir l’impression de négocier chaque carrefour.
Le SILA rappelle que cette voie verte s’étire sur environ 30 km entre Sevrier, côté Beaurivage, et Val de Chaise, avec une liaison cyclable jusqu’à Annecy. C’est le tronçon le plus rassurant pour les familles, les cyclistes occasionnels, les rollers et ceux qui veulent surtout profiter du paysage sans surveiller chaque voiture.
Mais “facile” ne veut pas dire “vide”. En été, le samedi après-midi ou les fins de journée très chaudes, la voie verte devient vite un ruban partagé entre vélos rapides, enfants, piétons, remorques, chiens, touristes qui s’arrêtent pour une photo et habitués qui connaissent chaque virage. Le bon réflexe local, c’est de partir tôt, ou de viser une fenêtre plus calme après le gros pic de plage.
Le piège, c’est de croire que toute la boucle se roule au même rythme
La boucle autour du lac est aujourd’hui possible, mais elle n’a pas partout le même confort. La rive est, vers Veyrier-du-Lac, Menthon-Saint-Bernard, Talloires-Montmin et Angon, demande plus d’attention. Les paysages sont magnifiques, parfois plus spectaculaires encore que sur la rive ouest, mais l’espace y est moins naturellement évident.
Le SILA indique que la véloroute de la rive est a été réalisée progressivement par tronçons entre 2010 et 2022, et que sa gestion quotidienne entre Veyrier-du-Lac et Talloires-Montmin est assurée depuis 2024 par le syndicat. C’est une bonne nouvelle pour la cohérence du tour du lac, mais ça ne transforme pas chaque portion en promenade plate et déserte.
Sur cette rive, je conseille de lever le pied. On y croise des accès aux plages, des traversées de villages, des voitures qui cherchent une place, des cyclistes qui découvrent le secteur et des groupes qui ne roulent pas tous à la même allure. Ce n’est pas dangereux si l’on reste attentif, mais ce n’est pas l’endroit où essayer de battre son record Strava.
Le meilleur sens dépend surtout de ton niveau et de l’heure
Pour une sortie vraiment tranquille, beaucoup de cyclistes préfèrent commencer par la rive ouest. On quitte Annecy, on laisse le rythme se poser, on avance vers Sevrier, Saint-Jorioz, Duingt puis le bout du lac. C’est progressif, lisible, et ça permet de sentir rapidement si la journée sera fluide ou chargée.
Si tu pars avec des enfants, des amis peu habitués ou quelqu’un qui loue un vélo pour la première fois, inutile de vendre tout de suite “le tour complet”. Faire Annecy, Sevrier, Saint-Jorioz, puis demi-tour, c’est déjà une vraie sortie. On garde le lac, les vues, les pauses, sans imposer la partie la plus nerveuse à quelqu’un qui voulait juste passer un bon moment.
Pour boucler, le matin reste ton meilleur allié. En fin d’après-midi, surtout en été, les retours de plage, les terrasses pleines et les voitures qui descendent vers les parkings changent l’ambiance. Le même trajet peut passer de “magnifique” à “fatigant” uniquement parce que tu as attendu deux heures de trop.
Trois points où ralentir sans discuter
- Les abords d’Annecy et du Pâquier : beaucoup de monde, beaucoup de piétons, des vélos dans tous les sens. Ce n’est pas une zone pour foncer. D’ailleurs, la cohabitation avec les cyclistes en ville reste un sujet sensible, comme on l’a vu avec les contrôles autour des zones piétonnes à Annecy.
- Les accès aux plages : dès qu’il fait chaud, les trajectoires deviennent moins prévisibles. Un enfant traverse, quelqu’un cherche son groupe, un vélo s’arrête sans prévenir.
- La rive est en période chargée : le décor donne envie de regarder partout sauf devant. C’est précisément là qu’il faut garder les mains sur les freins.
Ce qu’il faut prévoir avant de partir
La sortie se joue souvent avant le premier coup de pédale. Une gourde pleine, un vélo bien gonflé, un antivol si tu veux t’arrêter, une couche légère si le vent se lève, et un plan clair si tout le monde ne veut pas faire la boucle entière. Annecy est belle, mais elle ne pardonne pas trop l’improvisation quand il y a du monde.
Je garde aussi une règle simple : si le groupe n’est pas homogène, on choisit un objectif court et agréable plutôt qu’un tour complet terminé dans la mauvaise humeur. Le lac ne bouge pas. On peut très bien revenir une autre fois pour faire la partie manquante.
Mon conseil local : ne transforme pas le tour du lac en épreuve
Le tour du lac d’Annecy à vélo vaut le coup, évidemment. Mais il est encore meilleur quand on arrête de le traiter comme une case à cocher. Le bon souvenir, ce n’est pas forcément d’avoir bouclé à tout prix. C’est parfois une pause à Duingt, un retour avant la foule, une baignade improvisée ou un café pris sans regarder la montre.
Si tu veux rouler tranquille, commence simple : rive ouest, départ tôt, pauses assumées, allure douce. Et si la boucle complète te tente vraiment, garde de l’énergie pour la rive est. C’est souvent là que le lac rappelle qu’il se mérite un peu.
Source utile : SILA, tour du lac à vélo et à pied.
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